L'instinct de la musique

D'où vient notre besoin quasi irrépressible de musicalité et pourquoi la musique nous touche tant ? Pour y répondre, Elena Mannes, auteure et réalisatrice de L'Instinct de la musique, un copieux documentaire produit par Thirteen et Mannes productions, a convoqué des spécialistes des sciences neuronales et des musiciens réputés. L'ampleur et la diversité des réponses se résument difficilement.

L'instinct d ela musique

Le film débute autour d'un dialogue entre Bobby Mc Ferrin, chanteur de jazz, et le chercheur Daniel Levitin. Le premier évoque un souvenir : à l'âge de 5 ans, il entend "une musique magnifique" et se met à pleurer, "sans savoir pourquoi". Le scientifique s'interroge : "Pourquoi telle suite de sons nous émeut-elle ?" Le chanteur tente une réponse : "La musique fait du bien. C'est le rythme de notre coeur, de notre respiration."

Pour le physicien Brian Greene, le son est une onde, un déplacement de l'air en vibration et "l'expérience de la musique est ancrée dans notre physiologie". Evelyn Glennie, percussionniste atteinte de surdité profonde y perçoit ainsi "de l'énergie" et appréhende les sons à travers ses pieds ou d'autres parties du corps. Pour le commun des vivants, les ondes sont transmises au cerveau par l'oreille, qui les traduit en signaux neuronaux. Au coeur de ce système de transmission : la cochlée.

Daniel Levitin parle d'un "feu d'artifice d'impulsions, certaines coordonnées, d'autres non". Une région traite le son, l'autre le tempo, une troisième l'intensité, une quatrième enfin le timbre. En un trente millième de seconde, le tout est assemblé... Notre corps devient un instrument et c'est, au fond, le cerveau qui fait de la musique.

De nature différente selon les peuples, la musique possède des caractères universels : l'octave, intervalle sonore commun à presque toutes les cultures, mais aussi la quinte et la quarte parfaites. Une harmonisation à laquelle ne serait pas étrangère la nature spécifique de la cochlée. Une donnée que confirme la préférence chez les bébés des variations consonantes plutôt que dissonantes, que l'on retrouve dans leurs cris.

Outre son pouvoir d'évocation, qui permet d'associer un thème particulier à un moment précis de la vie, la musique, et surtout sa pratique, peuvent aider à d'autres apprentissages des savoirs. "Il n'y a pas une seule fonction cognitive qui n'ait un rapport avec la musique", souligne le neurologue Robert Zatorre. Dans les jardins d'enfants qu'il a fondés à Berlin et au Moyen Orient, le pianiste et chef d'orchestre Daniel Barenboïm résume : "Les enfants n'apprennent pas la musique, ils apprennent par la musique. Dommage que je n'aie plus 3 ans."

Un reportage assez vieux maintenant mais qui apporte plein d'éléments trèsintéressants !
Profitez-en!

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